7 août 2016 - Emeran ATANGANA ETEME

cameroun: discours d’ouverture et de politique générale du président Paul BIYA au troisième congrès extraordinaire du RDPC

 

Chers camarades,

Je suis heureux de vous retrouver aujourd’hui à Yaoundé à l’occasion de la tenue du 3e Congrès Extraordinaire de notre parti.

Je vous remercie de votre présence et de votre accueil chaleureux et fraternel. Croyez bien que je les apprécie à leur juste valeur.

Je voudrais également remercier nos camarades de la section du Mfoundi II pour leur hospitalité et tout spécialement leur président pour ses souhaits de bienvenue et ses paroles amicales.

Permettez-moi aussi de saluer la présence des Chefs de missions diplomatiques et des Représentants des organisations Internationales, témoins privilégiés de l’évolution de notre processus démocratique et de nos efforts pour faire avancer le progrès économique et social de notre pays.

Enfin, je n’aurais garde d’oublier les observateurs et invités, les représentants des partis politiques nationaux et étrangers qui ont bien voulu répondre à notre invitation et dont la présence témoigne de l’intérêt qu’ils portent à notre activité et de la qualité de nos relations.

Depuis nos dernières assises, certains de nos camarades nous ont quittés. Ayons une pensée pour eux en ce jour. Je prierais donc l’assistance de se lever et d’observer une minute de silence en leur mémoire.

Je vous remercie.

Excellences, Mesdames, Messieurs, Chers camarades,

Nous voici donc réunis à l’occasion de ce congrès qui est, comme vous le savez, la plus haute instance statutaire de notre parti. C’est une rencontre nécessaire pour le bon fonctionnement de notre mouvement. Elle nous permet également de faire le point de l’activité du Gouvernement dont le RDPC est la poutre maîtresse. Il est donc normal que nos militants sachent dans quelle mesure les engagements que nous avons pris ont été tenus et quels sont nos objectifs pour les prochaines années.

Depuis notre dernière réunion, un événement important s’est produit dans la vie politique de notre pays. Le peuple camerounais m’a confié, à une forte majorité, un nouveau mandat à la tête de l’Etat. Comme cela avait été le cas lors des élections législatives et  municipales, les militants de nos sections se sont mobilisés, deux ans plus tard, pour faire élire votre serviteur. Je suis heureux de vous exprimer à nouveau Ma reconnaissance et Mes remerciements.

Au cours de la campagne présidentielle, j’ai pris envers le peuple camerounais un certain nombre d’engagements dans le cadre de Mon projet des ‘’Grandes Ambitions’’ pour le Cameroun. Je vais donc dans un premier temps brosser à grands traits le tableau de ce qui a été fait à ce titre et de ce qui reste à faire. Nous verrons ensuite dans quelle mesure le RDPC, principal pilier de la majorité présidentielle, peut contribuer au succès de cette politique que j’ai exposée lors de ma prestation de serment et comment il doit lui-même s’y préparer pour être plus efficace.

Voyons donc, si vous le voulez bien ce qui a déjà été accompli ou est en voie de l’être.

Au plan politique, nous avons, dans le cadre de la mise en œuvre des institutions prévues par notre Constitution, adopté des lois portant sur l’organisation et le fonctionnement de la Chambre des Comptes et du Conseil Constitutionnel. Les premiers textes concernant la décentralisation ont également vu le jour. Le moment n’est plus si éloigné où nos collectivités décentralisées se verront confier de nouvelles responsabilités. Ainsi, les Camerounais pourront-ils participer plus directement à la gestion de la chose publique.

Nous avons aussi poursuivi la consolidation de l’Etat de droit en assurant une meilleure implication de la société civile dans le processus électoral. C’est ainsi que l’Observatoire National des Elections et la Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés ont été restructurés et leur rôle renforcé. Afin d’introduire davantage d’équité entre les partis politiques, ceux qui sont légalement reconnus bénéficient désormais de financements publics.

A côté de l’Assemblée Nationale qui fonctionne de façon exemplaire devrait siéger avant la fin du septennat en cours le Sénat prévu par notre Constitution. Nous disposerons alors d’un système parlementaire comparable à celui des grandes démocraties.

Ainsi, progressivement, nos institutions se complètent et se perfectionnent conformément à notre option fondamentale de démocratisation.

Il est bien entendu essentiel que ce mouvement soit accompagné et soutenu par l’ensemble du corps social. Il l’est à travers des élections que nous voulons libres et transparentes. A cet égard, les récents scrutins ont apporté la preuve de leur fiabilité, exception faite de quelques dysfonctionnements mineurs qui n’étaient pas de nature à mettre en doute les résultats.

Néanmoins, nous nous appliquons à améliorer les choses. Des missions ont été envoyées à l’extérieur afin que nous puissions nous inspirer d’expériences réussies dans d’autres pays. D’autre part, nous tiendrons compte, dans la mesure du possible, des suggestions qui nous sont faites pour que les futurs scrutins ne donnent plus lieu à contestation.

Nous avons encore, je dois le dire, un grave problème de morale publique. Malgré nos efforts pour les combattre, la fraude, les détournements de deniers publics, la corruption continuent de miner les fondations de notre société. J’ai eu souvent à m’exprimer sur le sujet et à dire ma détermination à éradiquer ces comportements asociaux. Des sanctions sévères ont été prises au cours des derniers mois. Nous n’allons pas nous arrêter en chemin. Ceux qui se sont enrichis aux dépens de la fortune publique devront rendre gorge.

Nous disposons maintenant d’un appareil institutionnel apte à traquer la corruption sous toutes ses formes. La Chambre des Comptes, déjà, citée, est opérationnelle. La commission nationale anti-corruption, l’Agence nationale d’investigation financière, les multiples commissions de passation des marchés ont toutes une mission essentielle au service de cette cause nationale. Les délinquants en col blanc n’ont qu’à bien se tenir !

Les dérapages constatés ces derniers temps ne sont pas seulement d’ordre financier. Je suis pleinement conscient, vous le savez, de l’importance du rôle des médias en démocratie. La presse jouit au Cameroun d’un environnement, notamment législatif, plutôt favorable. Elle bénéficie d’une aide de l’Etat. Le prix de cette liberté, c’est la responsabilité, c’est le professionnalisme. Il s’agit là, non seulement de morale publique, mais aussi de respect de la vie privée, laquelle est protégée par la loi. Certains organes de presse paraissent l’avoir oublié. Il est temps qu’ils se ressaisissent afin que la profession dans son ensemble puisse jouer le rôle qui lui revient dans la formation d’une conscience politique nationale, indispensable à l’acquisition d’une véritable culture démocratique.

Dans cette première partie de septennat, le centre de gravité de l’action gouvernementale s’est déplacé vers l’économie.

Je vais donc devoir vous infliger un exposé technique sur ce point.

J’avais, il y a environ deux ans, préconisé de remettre d’abord de l’ordre dans nos finances publiques et d’entreprendre ensuite des actions fortes pour relancer la croissance. Notre programme triennal 2005/2008 s’est inspiré de cette logique.

Le premier de ces objectifs a été pour l’essentiel atteint. Nos finances publiques ont été stabilisées grâce à une plus stricte discipline budgétaire et à une meilleure perception des recettes. Parallèlement, la restructuration des entreprises publiques a quelque peu progressé.

En revanche, il faut le reconnaître, cette politique de rigueur a eu des effets négatifs sur notre croissance. Outre la pression fiscale, la pénurie d’énergie et la hausse des carburants ont pénalisé les entreprises qui ont réduit leur activité et freiné leurs investissements. A quoi s’est ajoutée, il faut le dire une consommation insuffisante des crédits budgétaires et des remises de dettes.

Le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale ont néanmoins estimé que nos efforts de redressement nous qualifiaient pour l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE. Je ne me lasserai pas de dire que le mérite principal de ces efforts revient au peuple camerounais qui a consenti les sacrifices qu’exigeait la situation. Tout en soulignant l’importance de la décision du FMI et de la Banque mondiale, J’ai indiqué qu’elle marquait la fin d’une étape mais surtout le début d’une autre qui devrait être celle de la relance de la croissance, seul moyen d’atteindre nos objectifs de progrès économique et social. J’ai également observé que cette décision ne nous dispensait pas de tenir nos engagements en matière de discipline budgétaire et de bonne gouvernance. C’est-à-dire, pour être clair, de poursuivre notre combat contre  la corruption. Nous en avons déjà parlé. Je n’y reviens pas.

Il y a toutefois une grande différence entre l’avant et l’après du point d’achèvement. Libérés en grande partie du boulet de la dette extérieure, il ne dépend désormais que de nous de prendre ce nouvel élan auquel Je vous ai récemment convié.

Quelles actions entreprendre pour y parvenir ? Laissez-moi vous énumérer les plus urgentes :

–          Rendre notre administration plus performante. Il faut secouer l’inertie ambiante et faire sauter les goulots d’étranglement qui sont le plus souvent à l’origine des échecs ou des retards que connaissent des projets pourtant viables ;

–          Il faut faire le meilleur usage des ressources financières disponibles. Ce qui n’est pas toujours le cas ;

–          Créer de nouvelles infrastructures de base, telles que routes, ports, ponts, télécommunications, NTIC, indispensables au développement d’une économie moderne ;

–          Procurer une offre d’énergie suffisante à notre secteur industriel à partir de nos propres sources d’énergie hydraulique et gazière ;

–          Améliorer l’environnement des affaires, en garantissant aux entreprises une meilleure sécurité juridique et aux investissements la protection à laquelle ils ont droit ;

–          Jouer à fond la carte de l’intégration régionale pour laquelle le Cameroun est très bien placé.

A Mon avis, ces objectifs sont à notre portée. Ils ne demandent de notre part que détermination, méthode de suivi. N’en sommes-nous pas capables ?

Si oui, chers camarades, la voie des ‘’Grandes Ambitions’’ nous est ouverte. Nous pourrons mettre en œuvre la grande politique agricole pour laquelle nous avons tant d’atouts. Nous pourrons augmenter et améliorer la production caféière et cacaoyère ; nous pourrons développer nos cultures industrielles, banane, coton, palmier à huile, hévéa ; nous pourrons étendre nos superficies de plantain, de riz, de maïs et de tubercules ; nous pourrons tirer un meilleur parti de notre élevage, de notre pêche et de notre forêt.

Ce programme d’action est du domaine du possible. Pouvez-vous imaginer l’impact qu’il aurait sur notre sécurité alimentaire, sur le niveau de vie de nos paysans, sur l’exode rural ? Avons-nous le droit d’hésiter ?

Notre développement industriel pourrait aussi connaître une véritable révolution. Freinée par la crise et par la pénurie d’énergie, notre industrie ne demande qu’à prendre son essor. La filière bauxite/aluminium est à la veille d’un développement exponentiel. La filière coton n’attend que sa réorganisation. Avec l’extension projetée de la SONARA, la filière pétrochimie est promise à un bel avenir. Le chantier naval de LIMBE est susceptible de devenir un pôle régional de la construction navale. Le programme de reconversion de la banane plantain prévoit diverses applications industrielles. Et je ne vous parle pas de nos projets dans les domaines de la métallurgie du fer et d’autres minerais.

Non, chers camarades, rassurez-vous, Je ne rêve pas.

Des négociations ont déjà commencé avec certains partenaires. Des actions sont déjà visibles sur le terrain. De multiples projets sont sur la table. Ce sont ces usines, ces barrages, ces centrales qui créeront ces bassins d’emplois grâce auxquels le chômage reculera. Ce chômage qui gangrène notre société, en particulier dans les centres urbains. Ce sont ces bureaux d’étude et ces entreprises de service qui procureront du travail à nos jeunes, en particulier à nos jeunes diplômés. Ce sont aussi nos PME/PMI qui trouveront dans la sous-traitance de nouvelles opportunités.

Il est clair que le combat que nous menons contre la pauvreté se jouera sur le front du développement économique, et donc de la relance. Dans ce combat, chaque jour compte. Alors, assez tergiversé. Entrons dans la mêlée.

Chers Camarades,

Je n’ai pas changé ; je n’ai pas changé d’avis non plus. Le progrès social reste ma priorité. Il est la raison même des efforts que nous faisons dans tous les domaines.

Au cours des cinq dernières années, nous ne sommes pas restés inactifs sur le plan social.

Pour ce qui est de l’éducation nationale, la gratuité au niveau primaire est passée dans les faits, accompagnée par la remise du paquet minimum. L’organisation des examens a été améliorée, ce qui s’est traduit par un progrès du taux de réussite. Je dois également signaler la construction de nombreux bâtiments scolaires sur nos fonds propres ou grâce à l’aide extérieure. A différents niveaux, notre enseignement s’est mis à l’heure de la professionnalisation pour faciliter l’accès de nos jeunes au monde du travail.

Des progrès sensibles ont également été accomplis au plan de la santé publique. La lutte contre la tuberculose et le paludisme s’est intensifiée et des actions fortes ont été engagées pour enrayer l’extension du SIDA, tant par la prévention que par une meilleure prise en charge des malades. De nouveaux centres de santé ont été ouverts afin de compléter la couverture médicale de notre pays.

Afin d’améliorer les conditions de vie de la population, différents travaux d’infrastructure ont été réalisés, en particulier dans les domaines des routes, du logement et de l’accès à l’eau potable et à l’électricité. L’énumération en serait fastidieuse, mais il est loisible d’en constater la réalité.

Disons le tout net. Cela est loin d’être suffisant surtout s’il s’agit d’assurer aux Camerounais l’égalité des chances à laquelle ils ont droit.

C’est pourquoi il faut amplifier nos efforts. Je crois que sur ce plan aussi nous devrions changer d’échelle. Les ressources importantes provenant de l’annulation de la dette seront pour l’essentiel consacrées à l’éducation, à la santé et aux infrastructures à vocation sociale, comme l’accès à l’eau et à l’électricité. Nous pourrons ainsi disposer davantage de moyens sur nos fonds propres, par exemple pour améliorer la couverture du pays par la radio et la télévision, pour équiper nos établissements scolaires de matériels d’accès aux nouvelles technologies de l’information, pour développer nos infrastructures sportives, etc.

Cette modernisation de notre société s’appuiera sur des textes qui apporteront aux citoyens camerounais les meilleures garanties au plan du droit. Ainsi en sera-t-il du nouveau Code de Procédure Pénale qui entrera en vigueur l’an prochain. Par l’harmonisation de nos deux systèmes judiciaires, ce texte viendra renforcer notre unité nationale. De la même façon, le Code des Personnes et de la famille, en confortant la cellule familiale, apportera une meilleure protection aux sujets les plus faibles, notamment les femmes et les enfants.

Ainsi que vous le voyez, le Cameroun se met au diapason d’un monde qui change sans arrêt. En vérité, nous n’avons pas le choix. Car si nous restions immobiles, nous serions inévitablement distancés et à terme marginalisés.

Chers camarades

Le Cameroun bénéficie de la paix et de la stabilité.

J’ai pris l’engagement de préserver l’une et l’autre, sans pour autant sacrifier quoi que ce soit de notre souveraineté, de notre intégrité territoriale, de notre unité nationale et des droits individuels des citoyens camerounais.

Il va de soi que ces principes sont intangibles.

Au plan intérieur, nous continuerons de pratiquer la tolérance et le dialogue. Si la contestation et les revendications s’expriment dans le cadre fixé par la loi, nous serons à l’écoute et, par voie de la négociation, nous ferons droit, dans toute la mesure du possible, aux demandes justifiées. Pour moi, le dialogue social est une nécessité. De la même façon, nous ne fermons pas la porte à ceux qui ne partagent pas nos points de vue sur la conduite des affaires du pays. Mais nous récusons l’usage de la force comme mode d’action politique, comme cela est parfois le cas. Nous l’avons vu récemment.

Nous n’acceptons pas non plus que se développe la violence dans notre pays, que ce soit sous la forme du grand banditisme dans nos villes ou des coupeurs de route dans les zones rurales. L’étendue de notre territoire et la porosité de nos frontières rendent ce problème difficile à résoudre. Néanmoins, des résultats tangibles ont été obtenus par les forces de sécurité qui ont reçu pour cela des moyens supplémentaires. Dois-Je rappeler à ce sujet que la lutte contre l’insécurité incombe à ces forces et que la ‘’justice populaire’’ ne peut ni ne doit se substituer à elles. De telles pratiques ne peuvent être tolérées dans un Etat de Droit.

Au plan extérieur, notre politique n’a pas varié. Nous soutenons les initiatives des Nations-Unies et sommes en faveur du recours au Droit international pour résoudre les conflits. C’est ce qui explique notre position dans le différend frontalier avec le Nigeria, attitude faite de confiance en notre bon droit et de patience pour obtenir l’application de la décision de la Cour Internationale de Justice. Il semble que cette attitude ait payé et que nous ayons obtenu satisfaction. Acceptons en l’augure.

Nous sommes par ailleurs solidaires de l’Union Africaine et coopérons pleinement avec les organisations continentales, régionales et sous-régionales. Nous pratiquons également, autant que faire se peut, une politique de bon voisinage et sommes des partisans convaincus de l’intégration dans le cadre de la CEMAC.

L’image de notre pays s’est grandement améliorée au cours des dernières années. C’est incontestablement le fruit du travail sérieux et persévérant accompli à tous les niveaux de notre société. Les potentialités de notre sol et de notre sous-sol, les qualités de notre peuple, l’attitude des bailleurs de fonds à notre égard, font que nous disposons de marges de manœuvre pour aller plus haut et plus loin. C’est ce que nous allons faire pour sortir le Cameroun du sous-développement et le conduire à la modernité.

Chers Camarades

Pour aider à l’aboutissement de ce grand projet, que peut, que doit faire notre parti ?

Avant de répondre à ces questions je souhaiterais rendre hommage au travail de nos militants grâce auxquels nous avons engrangé des victoires successives lors des dernières consultations électorales. Un parti politique ce sont d’abord les militants. Comme le sang irrigue le corps humain, ce sont eux qui sillonnent le terrain et gardent le contact avec le peuple, entendent ses plaintes, enregistrent ses espoirs. Ce ‘’militantisme de proximité’’ comme nous l’avions appelé en son temps demeure irremplaçable.

Mais le RDPC ne doit pas être qu’une simple machine électorale que l’on fait fonctionner tous les cinq ans à l’approche des échéances. Notre parti c’est l’âme du renouveau, c’est l’avant-garde de la démocratie, c’est le levier qui nous permettra de vaincre la pauvreté. ‘’Force d’écoute et de proposition’’, il doit continuer à inspirer notre action dans tous les domaines.

En tant que composante essentielle de la majorité présidentielle, notre parti est investi d’une responsabilité importante. Il lui revient évidemment de soutenir le Gouvernement dans son action. Il peut le faire – et il le fait – à l’Assemblée Nationale mais aussi en expliquant à la population les objectifs de notre politique sous ses différents aspects. Pour le citoyen éloigné des cercles du pouvoir, il n’est pas toujours évident de comprendre des décisions dont les tenants et aboutissants lui échappent. Notre parti peut aussi jouer un rôle utile en faisant part des réactions, éventuellement négatives, que suscite telle ou telle initiative des autorités.

En tout état de cause, le RDPC, auréolé de ses victoires électorales, ne doit pas s’endormir sur ses lauriers. Il doit rester un lieu de réflexion et de débat. Les options que nous avons définies dans le cadre des ‘’grandes ambitions’’ pour notre pays, à savoir l’égalité des chances, la justice sociale, la mutation de notre économie, etc., doivent faire l’objet de discussions aux différents niveaux de notre parti. C’est de cette façon qu’elles entraîneront l’adhésion des citoyens et leur mobilisation.

Cette redynamisation nécessaire devrait s’accompagner de campagnes d’adhésion qui seront d’autant plus prometteuses que le RDPC donnera l’impression d’être un parti où le dialogue et la tolérance l’emportent sur l’arbitraire et les réflexes d’autorité.

Je le dis et je le répète, le RDPC doit être un parti de militants et non un parti d’état-major.

Bien sûr, la libre discussion ne doit pas conduire à l’anarchie ni aux luttes de factions. Une fois les décisions prises, démocratiquement et selon les statuts, elles doivent être appliquées avec discipline et intelligence.

Pour être en mesure de jouer pleinement son rôle, notre parti devra s’appliquer à régler le problème de ses finances qui reposent seulement pour le moment sur les contributions des députés retenues à la source. Il devra être rappelé aux élites quels sont leurs devoirs en la matière. Le reversement des cotisations aux organes de base devra aussi être mieux assuré.

Au niveau des sections, il peut arriver que les ‘’personnes dites ressources’’, soit en raison de leur situation matérielle, éclipsent les présidents de section issus des rangs des militants. Cela n’est pas normal. S’il est souhaitable que les élites viennent appuyer la base de leurs conseils ou de leurs contributions, cela ne doit pas les conduire à se substituer aux responsables de section.

Les instances supérieures du RDPC doivent veiller à garder le contact avec la base et rester accessibles. Il est nécessaire que l’information circule dans les deux sens. Si cette communication fonctionne bien, la compréhension entre les militants et la direction du parti s’en trouvera renforcée.

La rigueur et la moralisation demeurent les mots d’ordre du renouveau. Le RDPC doit en donner l’exemple. C’est le mérite et le militantisme vrai qui doivent présider au choix des responsables et des investitures. Ce n’est ni l’argent, ni la capacité d’organiser des fêtes où l’on danse plus qu’on ne pense. En effet, le folklore n’a pas grand-chose à voir avec l’engagement politique.

Il nous faut également dissiper la confusion là où elle règne parfois. Le respect des textes statutaires n’est pas toujours assuré. Le cumul des mandats limite l’accès aux responsabilités des militants méritants. La distinction entre l’administration et le parti n’est pas évidente pour tous. Dois-je rappeler que nous ne sommes plus à l’ère du parti unique ?

Certains de ces errements sont probablement imputables à une formation insuffisante. Sans doute faudra-t-il ressusciter notre école des cadres sous une forme ou une autre. Les séminaires organisés il y a quelques années par l’OFRDPC avaient été une belle réussite. Il conviendrait de réfléchir à ce qui pourrait être une ‘’académie’’ du parti qui assurerait une formation continue à nos cadres et à nos militants.

Il serait également souhaitable que le RDPC dont la communication paraît quelque peu ‘’grippée’’ fasse mieux connaître sa position sur nos problèmes de société et les solutions que nous proposons. L’organe du parti aurait à cet égard un rôle évident à jouer.

Je voudrais enfin que les rangs de notre parti s’ouvrent encore davantage aux femmes qui tiennent une place de plus en plus importante dans notre société et aux jeunes qui sont déjà majoritaires au sein de notre société. On connaît déjà l’importance de la place que leurs organisations respectives, l’OFRDPC et l’OJRDPC, tiennent dans notre vie politique. Une coordination plus étroite avec la direction du parti rendrait justice à leur dévouement et à leur engagement ;  premier pas vers une représentation plus équitable au sein des instances dirigeantes du RDPC.

Avant de conclure, je souhaiterais m’adresser à nos compatriotes résidant à l’étranger qui consacrent une partie de leur temps à militer au sein du RDPC, malgré l’éloignement et des conditions parfois difficiles. Nous devons les aider à créer de nouvelles sections, favoriser entre eux et nous des échanges d’idées et d’informations plus nourris et faire en sorte qu’ils soient, à côté de nos représentations diplomatiques, les interprètes de notre vision de l’avenir du Cameroun.

Chers camarades,

Je crois notre parti capable de s’adapter à l’évolution de notre société et à un monde sans cesse changeant. Le RDPC a été et reste un outil politique remarquable qui saura se mobiliser en vue des prochaines échéances électorales afin de rester le premier parti du Cameroun. Mais plus et mieux encore, il est et il sera longtemps la conscience démocratique de notre pays et à ce titre il est déjà assuré d’une place de choix dans l’histoire du Cameroun.

C’est dans cette certitude que je déclare ouverts les travaux de ce 3e Congrès extraordinaire du RDPC.

Vive le RDPC !

Vive le Cameroun !

Je vous remercie !


Droit constitutionnel

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